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J'avais quitté Émile très tôt ce matin-là. La chaleur moite de la saison des pluies nous enveloppait déjà et faisait briller de sueur sa peau d'ébène. Bientôt, il se lèverait pour chercher au port les langoustes qu'il servirait aux convives du « Morne Rouge », le petit restaurant de la plage.

 

Moi, je l'abandonnais, comme chaque samedi je le faisais. La douche fraîche inonda mon corps de bien-être. J'enfilais ensuite prestement short et chemise de lin, garnissais mon sac à dos d'un peu d'eau, quelques fruits, mon Nikon. Je laçais rapidement mes chaussures, enfonçais mon chapeau à larges bords. Je me hâtais pour retrouver mon lieu, ma forêt.

 

Après avoir longé la plage de sable noir inondée de soleil, traversé le champ de cannes à sucre, je pénétrais enfin dans mon lieu.

 

Vert ... tout était vert ... d'un tel vert: riche, épais, intense. Toutes les nuances en étaient présentes. Plus je m'enfonçais, moins la lumière pénétrait.

 

Il faisait chaud, certes, une vraie fournaise. Mais ici, j'étais bien. Les oiseaux emplissaient l'air de leurs chants. C'est alors que la lumière diminua encore: le ciel semblait s'assombrir. J'entendis les premières gouttes. Elles ne m'atteignaient pas encore. Elles devaient encore traverser cette épaisse canopée qui m'abritait encore. Puis, elles furent-là: la première s'écrasa lourdement sur mon bras: épaisse, tiède. Le bruit s'intensifia: la pluie s'abattait sur la forêt dans un bruit de crépitement. Ce n'était pas cette pluie que l'on fuit, sous laquelle on court pour s'échapper. Non, c'était une pluie dont on profitait, dont on jouissait.

 

J'étais bien!

 

 

Tess,

 le 7 décembre 2008

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Plaisir d'écrire